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La révolution de la bande dessinée asiatique

Hello !
Bienvenue pour cette 10e chronique sur la culture asiatique !
Pour aujourd’hui j’ai envie de vous parler de bande dessinée, mais bien évidemment pas Tintin ou Astérix. Non, nous allons parler manga et plus encore !

C'est parti. :)

 

Qu'est ce qu'un manga ?

Inconsciemment, nous avons tous regardé au moins une fois un animé : un manga ayant été adapté en dessin animé, colorisé et pour la plupart traduits en français. Exemple : Pokémon, Albator ou encore Candy.

Extrait du manga Vagabond


La particularité du manga, c’est son style graphique et son sens de lecture. Des personnages mignons (ou Kawaii comme ils disent au Japon) avec des yeux énormes, des traits très occidentaux, dont les histoires se lisent de droite à gauche.

Là, je vous parle de la bande dessinée moderne japonaise, mais il existe le même phénomène en Corée et en Chine.
La bande dessinée coréenne se nomme Manhwa, le style est à peu près similaire au manga : les yeux sont énormes, les personnages ont tous fait des séances d’abdos et ils paraissent généralement en noir et blanc.
En Chine, ce sont des Manhua. Graphiquement, c’est un mélange du manga et du manhwa, des personnages idylliques à qui il arrive des choses extraordinaires (généralement ce sont des histoires d’amour ou des histoires fantastiques).
Il existe autant de styles de manga que de clubs de foot, et il y en a pour tous les goûts : jeune homme, jeune fille – adulte masculin, adulte féminin – histoire d’amour, histoire sur le sport... Bref, quoi que vous aimiez, il existe forcément chaussure à votre pied !

Histoire de la bande dessinée asiatique

Le manga (traduction : « dessin divertissant »)
L’ancêtre du manga date du VIIIe siècle et se nomme emakimono, des rouleaux peints d’environ dix mètres qui se déplient de droite à gauche petit à petit pour faire défiler une histoire.

©Japantimes.co - Osamu Tezuka

Les premiers sont utilisés par les moines bouddhistes pour diffuser leurs idées, mais peu à peu, ce sont des histoires de Yokai (dont je vous ai parlé ici) qui y sont racontées.
On peut aussi parler des estampes traditionnelles du XVIe siècle et de Katsushika Hokusai, l’artiste ayant donné pour la première fois l’appellation « manga » à ses œuvres.
Avec l’ouverture du pays durant l’ère Meiji (1868 – 1912), les artistes japonais prennent quelques cours auprès des dessinateurs européens et petit à petit, le manga tel que nous le connaissons apparaît vers 1908.

L’explosion du manga se fait après la Seconde Guerre mondiale avec Osamu Tezuka et son célèbre « Astro le petit robot » ou en japonais « Tetsuwan Atomu ».
Aujourd’hui, le plus grand musée du manga est en création dans la ville de Yokote avec plus de 300 000 mangas à sa collection.
Le premier manga a arriver en France est Akira par les éditions Glénat en 1990.


Le manhwa (même traduction)

J’ai découvert la manhwa il y a peu de temps avec une petite application sur smartphone : Webtoon.
Dessus, des auteurs publient leurs créations au rythme d’un chapitre par semaine, et dans le top on voit régulièrement des manhwa.

Top vente Manhwa

Les manhwa sont nés de la même manière que le manga, un art classique ayant évolué avec le temps, s’inspirant des nouveaux mouvements asiatiques (principalement chinois) et occidentaux.
Le manhwa a des difficultés à s’imposer au XXe siècle (voir plus), L’occupation japonaise à la fois sévère et réactionnaire empêche les journaux de paraître suite à des caricatures animales des officiers japonais.
Mais en 1919, une révolution oblige les japonais à desserrer leur emprise. Les journaux reprennent de plus belle avec des concours de bandes dessinées : celles-ci vont entretenir la haine envers l’occupation japonaise.
Durant la guerre de Corée, c’est également avec des manhwa que les messages de propagande seront diffusés dans les deux parties.
Enfin le manhwa s’est fait une place petit à petit sur le marché, même si le manga reste aujourd’hui la référence dans la bande dessinée asiatique.


Le manhua (traduction : cartoon)

Alors, la Chine c’est toujours un peu compliqué, un pays aussi gigantesque n’est pas régi de la même manière partout mais je vais essayer de simplifier les choses.
En somme, le gouvernement chinois n’aime pas les mangas, mais alors pas du tout.
En juin 2015, une quarantaine d’animes/mangas ont été interdis sur le sol chinois. Ce qui est drôle, c’est que ce sont des mangas dont nous, occidentaux, raffolons. (Exemple : Death Note, Attack on Titan, Psycho Pass).
Du coup, des sondages ont été réalisés pour capter l’audience chinoise et vraisemblablement, ils n’aiment pas trop les japonaiseries, alors qu’en est-il de leur manhua ?

 
Remember - Top vente manhua

L’histoire du manhua est aussi longue que celle de Chine donc en résumé :
Les premières traces apparaissent sur des céramiques, puis sur des rouleaux à l’aide de pinceaux de la même manière que le emakimono.
Le terme manhua est apparu au début du XXe siècle avec l’apparition de journaux. Les thèmes abordés y sont souvent géopolitiques.
Avec l’occupation japonaise (oui, encore) il se passe exactement la même chose qu’en Corée : d’abord une totale interdiction, puis une libération et pour finir, une reprise des parutions en 1945.
Aujourd’hui le gouvernement chinois fait très attention à ne pas se laisser « envahir » par la culture japonaise, et incite donc les dessinateurs chinois à se lancer dans le manhua.
Mais le souci c’est qu’il ne faut pas pervertir l’esprit des jeunes Chinois, alors la censure est omniprésente et ne laisse pas beaucoup de place à la critique. Qui plus est, les Chinois ont une assez mauvaise image de cet art, peu d’artistes réussissent à vivre de leur travail.

Néanmoins, le manhua tend à se faire une place sur le marché français depuis 2006. La qualité des dessins et des histoires racontées sont un véritable bol d’air dans un marché de la BD asiatique qui a du mal à se renouveler.

 


Voilà, c’est déjà la fin de cette 10e chronique ! Ça fait maintenant deux mois que l’équipe des chroniqueurs StayAwake rédigent ces articles rien que pour vous bande de chanceux ! :)
Je tiens à vous remercier chaleureusement de lire nos chroniques, en vous souhaitant une bonne semaine et à lundi prochain.

Marc BRIAND