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À la découverte de : La pierre et le sabre

Bonjour à tous et bienvenue pour la chronique hebdomadaire sur l’Asie !
Au fil des chroniques, j’ai pu aborder de nombreux sujets de culture générale, allant de l’histoire de la Corée à la fête du phallus au Japon. Pour cette seconde chronique du mois, j’aimerais partager une découverte plus personnelle, ce format a de grandes chances de se reproduire afin que je puisse partager avec vous : séries, films, mangas, animés ou encore comme aujourd’hui un roman.

 

La Pierre, le Sabre et la Parfaite Lumière

En réalité, ce n’est pas un roman mais deux qui vont nous intéresser ici : La Pierre et le Sabre, et sa suite : La parfaite Lumière.
Le récit se place au Japon féodal et plus précisément en 1600, durant l’immense bataille de Sekigahara qui marque le début de l’ère Edo. Nous suivons Shinmen Takezo et son ami d’enfance Matahachi Hon’iden ayant pris part à cette terrible bataille dans le camp des vaincus, celui des Toyotomi. Adolescents turbulents et inconscients, ces deux amis se sont engagés dans l’armée sans savoir ce qui les attendait. Vaincus et affaiblis, leur seul objectif est de rentrer chez eux, mais de mauvaises aventures vont faire de Takezo un fugitif poursuivi par ses amis et son village tout entier. Seul, acculé, Takezo n’aura d’autre choix que de basculer dans la délinquance, et devenir une bête sauvage, sale et dangereuse. C’est alors que Takuan, un moine habitué du village, va prendre sous son aile Takezo afin de lui montrer la voie du zen. Grâce à cet enseignement physique et intellectuel, Takezo deviendra Miyamoto Musashi, le plus célèbre escrimeur du Japon.


Ces romans sont aujourd’hui disponibles à peu près partout, pour un prix variant de 8 à 9€, et croyez moi pour ce prix-là, vous ferez l’acquisition d’un classique de la littérature japonaise et d’un des meilleurs romans de samurais à ce jour.

 

Eiji Yoshikawa, ce génie

Eiji Yoshikawa

Ce roman rassemble à lui seul : les grands moments historiques de l’ère Edo et d’avant, les grands principes du Zen mais aussi de la guerre, des batailles bien plus qu’épiques (1 vs 80 samurais), une histoire d’amour simple mais réussie, bref ! La qualité de l’œuvre est indéniable et pour comprendre l’entièreté du récit il faut se pencher sur son auteur : Eiji Yoshikawa.

Né en 1892, ce fils d’ouvrier ne se destinait pas à l’écriture mais plutôt aux travaux manuels. Ayant frôlé la mort plusieurs fois, il décide petit à petit de faire ce qui lui plaît, à savoir la poésie et l’écriture. Inspiré par des écrits Japonais et Chinois majeurs, comme Le Dit du Genji et L’Art de la guerre, il connaît à la perfection des moments clés de l’histoire et sait les raconter de façon romancée.  
C’est d’ailleurs avec beaucoup de romance qu’il nous raconte l’histoire de Miyamoto Musashi, un personnage réel aux faits d’armes nombreux et variés. Il est extrêmement difficile d’extraire la vérité de la fiction, à cause d’une maitrise du sujet quasi parfaite de l’auteur. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de lire d’avantage de ses œuvres, mais semble-t-il qu’elles soient toutes aussi réussies les unes que les autres.

 

Le personnage et les produits dérivés

La Pierre et la Sabre a fait entrer Miyamoto Musashi dans le folklore japonais, ainsi de nombreux artistes, auteurs ou réalisateurs se sont inspirés de ce personnage incroyable pour leurs créations. Ainsi, le manga Vagabond de Takehiko Inoue ne fait que retracer (très fidèlement) le roman d’Eiji, ajoutant ainsi des visages, des expressions et un environnement à cette histoire. Une liste extrêmement longue montre à quel point le personnage est repris dans des œuvres actuelles, comme par exemple dans Pokémon (oui ça va trop loin).

Poète, peintre, stratège, philosophe, Musashi est un personnage aux milles et une qualités qui a laissé son empreinte dans la culture nippone. Il est l’un des premiers à avoir développé une technique de combat à deux sabres, fondant ainsi son propre style de combat. Ces styles avaient une importance cruciale à cette époque, faisant de leur créateur des hommes riches et puissants. Pourtant, la simplicité de ce guerrier lui a permis de vivre modestement tout en fréquentant les plus grands généraux et penseurs nippons du XVIIe siècle.


J’espère que cette découverte vous aura plus, pour aller plus loin je vous conseille cet article sur le personnage de Musashi que j’ai beaucoup apprécié. Sur ce, bonne semaine et à lundi prochain !

 

Marc BRIAND