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Garorock 2017: une édition qui restera gravée dans les annales !

Le vendredi 30 juin, le samedi 1er juillet et le dimanche 2 juillet, StayAwake partait au festival Garorock, à Marmande. Une escapade lot-et-garonnaise riche en sons de tous les champs musicaux, en rencontres, en rires, en émotions, et en ventriglisses gadouilleux au sein du camping!

On vous raconte ici nos trois jours au Garorock, au fil de nos navigations de concerts en concerts, nos balades dans le festival et dans la ville de Marmande, nos rencontres et nos moments forts du week-end.

"une volonté d'hétérogénéité"

Telles sont les précieuses paroles que nous avons entendues lors de notre court échange avec l'un des organisateurs du Festival Garorock à l'issue de la conférence de presse. En effet, lors de ces trois jours de festival, l'exploration musicale fût globale, quoi qu'en dise Mère Nature!


Crédit: Wilfried Andral - @korewademetra (Instagram)

Le vendredi 30 juin, après une semaine interminable face à une excitation de taille, nous voici lancées à l'assaut de la vingt-et-unième édition du Garorock, à Marmande. Depuis 1997, le festival a su déchaîner les passions, augmenter d'un taux incroyable la population de la ville de Marmande le temps des festivités et faire déplacer de grands noms de la scène musicale internationale. Après avoir lutté pour trouver une place de parking et nous retrouver dans une ville de  Marmande transformée pour l'occasion, nous voici à l'entrée presse avec nos baluchons, notre Quechua 2 Secondes de compétition et notre pass média en quête de l'entrée du camping. Après une bonne vingtaine de minutes à lutter contre crachin et gadoue (la Bretagne était elle aussi représentée lors du festival! wink), nous retrouvons enfin des copains venus pour l'occasion. Car le camping est gigantesque: 100.000 festivaliers, faut pouvoir les caler quelque part! 

Nous partons à la conquête de la partie de la Plaine de la Filhole où se trouvent les scènes du festival, au son des inonmbrables "APÉROOOOO!" qui font légion au coeur du camping. On se laisse payer volontiers un verre de rosé par l'un de nos centaines de voisins, que l'on finit par perdre rapidement dans le flot continu de festivaliers arrivant encore par milliers malgré l'heure commencant à être tardive. Cependant, la nuit était loin d'être finie...

C'est parti !

Nous passons le contrôle de sécurité, nous nous faisons d'autres copains, et nous élançons vers la scène: pas de temps à perdre, car certains concerts que nous tenions absolument à voir se chevauchent sur la time-line! Nous arrivons, non sans peine et sans glissades, en plein live de Foals. Ce groupe britannique a contribué à ma période rock durant mon adolescence, et jamais l'occasion de les voir ne s'était présentée jusqu'à maintenant. Avec des yeux écarquillés comme une gamine devant Blanche-Neige chez Disneyland, me voici grisée par les rythmes de fous furieux menés par Yannick Phillippakis et Jimmy Smith. 
Cependant, pas de temps à perdre: les excellents Little Big commencent leur show à 23 heures! C'est donc, non sans remords, que nous nous dirigeons vers la scène du Trec pour essayer de nous faufiler au mieux dans une foule déjà massive, en attente de ce groupe de russes totalement extraordinaire, composé de membres totalement déjantés et incontrôlables. Ce groupe me rappelle les Die Antwoord, de par leur genre un brin creepy, mais aussi pour les raisons sus mentionnées. Dès les premiers sons, le public est dingue. Mais encore, c'est comme une explosion de folie à laquelle nous assistons (et participons!) aux premières paroles de leur virulent morceau "Big Dick":

Dès la fin du concert, nous nous précipitons vers la scène Garonne Pression Live où se produisent les versaillais Phoenix. Encore un groupe ayant gravé mon adolescence d'une pierre blanche, et qui continue d'ailleurs de m'accompagner le matin dans la voiture sur le trajet du boulot: hors de question de les louper! La chair de poule m'envahit aux premiers accords de "Lisztomania": ce live, qui a effacé mes peines d'adolescente en quête de réponses, résonne encore dans mes oreilles à l'heure à laquelle je vous en parle. Leur nouvel album "Ti amo" reste d'ailleurs dans la même veine que les précédents opus du groupe, avec néanmoins une touche pop italienne "kitsch" à souhait, qui leur va comme un gant. 

L'équipe me sort de ma transe mélancolique: si nous ne voulons pas louper Diplo, il faut se dépêcher d'aller voir un morceau du DJ set de la talentueuse Jennifer Cardini. Désormais expatriée en Allemagne, où elle est résidente du Rex Club, Jennifer Cardini est selon moi l'une des pionnières en matière de mix féminin en France. Elle a sû se faire une place d'une manière relativement rapide au sein de la scène électro suite à sa participation aux festivités en lien avec la première Techno Parade, dans la boîte de nuit du Pulp. Malheureusement, impossible d'accéder au Garoclub: nous sommes les victimes collatérales du succès de Jennifer, et la gadoue à nos pieds ne nous aide point des masses dans nos déplacements en slalom. 

Entre pluie et chaleur

Retour donc devant la scène de la plaine: Diplo s'apprête à nous servir un set de folie aux drops musclés, avec des sons connus par la grande majorité d'entre nous. Nous attribuons d'ailleurs une mention spéciale au drop de Lean On, des Major Lazer, qui nous a revigorés par ce temps pluvieux et nous a envoyés sous le soleil en un clin d'oeil!

Crédit: StayAwake

Ensuite, nous avons assisté au concert de Kungs. Ce jeune DJ, auteur et compositeur originaire de Toulon aura 21 ans à la fin de l'année, et a déjà à son actif un sacré début de carrière. À l'aide de ses tubes phares comme This Girl ou Don't You Know, mais aussi quelques pépites que nous ne connaissions pas, Kungs a assuré une continuité à la tonalité festive de cette première soirée au Garorock.

Avant d'aller nous coucher, nous assistons à une partie du concert du groupe Batuk. Nous découvrons par hasard en rejoignant le camping un concentré d'électro sud-africaine et d'énergie débordante aux sonorités entrainantes, qui ont retardé notre retour à la tente de manière non négligeable. Le trio dégage une certaine sorte d'attraction plutôt impressionnante, de par sa musique et sa présence sur scène. Tout comme le groupe Die Antwoord (eh oui, encore eux !), ce trio porte avec fière allure les couleurs de l'Afrique du Sud. Leur nom Batuk est d'ailleurs lui-même une invitation au voyage, et leurs morceaux engagés sont de réels vecteurs de savoir et de conscience, tout en nous faisant danser jusqu'au bout de la nuit.

Après ce concert fort qui achevé nos dernières forces, nous regagnons le camping dans la joie et la bonne humeur (et la gadouuuuue aussi !) afin de nous reposer autant que possible pour les deux jours à venir...

SATURDAY NIGHT FEVER À MARMANDE

En ce samedi nuageux, nous assistons tout d'abord au set de DJ Skillz sur la scène Jungle, située dans le camping. Ce basque titré champion du monde de scratch en 2015 nous a régalés par sa technique monstrueuse et son choix musical. Un tel bonheur qu'on n'a pas résisté à l'envie de le retrouver au sein du festival sur la scène Garoclub !

Avant de retrouver London Grammar, nous partons à la rencontre de Nortnord pour une interview express au sein de l'espace média. Nous vous livrons notre échange ici !

Après cette fort sympathique entrevue, nous nous laissons guider par la voix de la charmante Hannah Reid jusqu'à la scène de la Plaine. London Grammar rassemble également les foules: dur dur de se frayer un chemin entre tous ces festivaliers! Nous restons alors un peu en retrait pour nous laisser emporter par les accords de Strong. Tout le monde est calme, la douceur règne alors sur la plaine de la Filhole... 

Crédit: Teddy Morellec / La Clef

Nous l'attendions avec impatience : M.I.A. sur la scène du Garorock

Après un petit tour du côté de chez Ho99o9 (ou "Horror"), dans une ambiance trash et énervée à souhait (mais dans le bon sens du terme!), nous nous retrouvons devant M.I.A. Encore une fois, un concert que nous ne pouvions absolument pas louper !
La foule est massive et impatiente. À l'apparition de la star britannique, la foule est en délire, les festivaliers s'amassent de plus en plus vers le devant de la scène, et nous devenons alors un agglomérat de petites personnes qui ne peut bientôt plus permettre le passage aux petits malins qui forcent le passage pour "retrouver une pote" (ou frère, cousin, maman... on nous a même parlé de caribou!). Après 20 minutes de secouage en règle, une paire de lunettes de soleil écrabouillée dans la gadoue, mon pantalon maculé de cette dernière, je me retire vers l'arrière de la foule pour retrouver mes camarades de reportage. 

A l'issue du concert, je suis ravie d'avoir vu de mes propres yeux, et non depuis mon écran d'ordinateur, cette sublime M.I.A. Cependant, sa prestation vocale nous a assez déçus: nous nous attendions à un show démentiel, mais la chanteuse s'est beaucoup reposée sur ses choeurs (très talentueuses, soit dit en passant!) et sa scénographie... On sent que M.I.A est fatiguée, et on comprend mieux pourquoi elle a choisi d'annoncer la fin de sa carrière musicale il y a quelques semaines.

Crédit: Teddy Morellec / La Clef Prod

Pas de panique, la soirée n'est pas finie! Nous retrouvons avec hâte Vitalic: après l'avoir seulement aperçu l'an dernier au Big Festival de Biarritz, il était impensable de louper son set! Et nous avons bien fait de nous y presser: Vitalic est l'un de ces artistes que je pourrais voir 100 fois dans ma vie... La puissance que dégage son oeuvre, les sentiments, les émotions ressenties lors de ce spectacle valent plus que n'importe quelle ôde à l'amour et à la grandeur du monde. Un moment plein de frissons et émouvant à souhait.

Epoques et publics reunis sous le même drapeau

Pour clôturer la soirée, nous essayons de gagner la scène juste à côté, où se produit Mr Oizo. Et là, les amis, autant vous dire qu'on a assisté à une représentation d'anthologie. Sur ses 4 decks, les doigts enchantés de Mr Oizo enchaînent les titres que nous lui connaissons bien tels que Flat Beat, ou Vous Êtes Des Animaux. Sans oublier des remixes épicés de morceaux tout aussi mythiques, comme Harder Better Faster Stronger des Daft Punk, ou encore Pump Up The Jam de Technotronic. Un délice auditif de grande qualité, réunissant un public éclectique, oscillant entre quarentenaires ayant suivi sa carrière depuis ses débuts, et ados aux goûts exquis. 
Sur l'écran géant de la scène, un gros plan est fait sur l'un des fans de l'artiste, brandissant le même Flat Eric que l'artiste (oui, cette petite marionnette jaune faisant office de mascotte à l'artiste depuis un bon nombre d'années maintenant !) au dessus de la foule. Un bel hommage à l'un des DJ pilliers de la scène électronique française qui posait sur la couverture de Trax Mag en 1997 avec une tronçonneuse géante ! 


Mr Oizo et Flat Eric 

Sur le chemin du retour au camping, petit arrêt devant Sam Paganini. Déjà croisé il y a quelques temps, l'artiste a su nous régaler avec ses grosses basses et ses kicks pas piqués des hannetons , nous réchauffant nos petits pieds tout froids. Arrivées devant la tente, nous acceptons volontiers la bière offerte par nos super voisins (dédicace à Romain !) avant de plonger dans les bras de Morphée: le dimanche, une dernière grosse journée de boulot nous attend, et pas des moindres!

DERNIER JOUR À MARMANDE... SOUS LE SOLEIL !

Lors de ce dernier jour, trois concerts retiennent notamment notre attention. À commencer par celui de Milky Chance ! Le trio allemand nous sert une folk douce et enivrante sous le soleil lot-et-garonnais que l'on n'attendait plus. Une petite madeleine de Proust annonçant une soirée pas comme les autres...

Après avoir plané avec Milky Chance, nous partons à la rencontre de Real J. L'habitué d'Electro Corp a pris position au sein du Garo en apposant sa patte personnelle d'une main de maître.

Après avoir dansé avec Real J, nous rejoignons la scène Pression Live pour retrouver le fameux Petit Biscuit. Ce dernier joue tour à tour avec son matériel électronique, et ses instruments acoustiques. Son émotion envahit le public, il touche le plus grand nombre avec sa sincérité et sa candeur, et accorde sa musique avec le soleil radieux qui inonde la plaine de la Filhole. Nous avons même eu le droit à un morceau inédit, qu'il a voulu "plus rock", tout en gardant la touche made in Petit Biscuit que l'on a tous fredonné au moins une fois depuis les débuts du jeune producteur. 

Puis, il fût l'heure de notre dernier concert... Nos activités professionnelles nous empêchant de rester voir Justice (à notre IMMENSE regret...), nous nous hâtons de trouver un bon placement pour profiter au maximum du show de Mac Miller. Certains membres de l'équipe ne connaissant pas réellement celui que je pourrais qualifier de génie artistique, j'avais d'autant plus hâte de voir pour la première fois de ma vie ce grand monsieur. Et quelle surprise, mes aïeux ! L'imaginant froid, peut-être même un peu dur, nous nous trouvons face à un grand garçon proche de son public, mettant en oeuvre un concert participatif rythmé par son rap pêchu et ses échanges avec le public. 

 

Il était désormais pour nous l'heure de regagner la voiture et de rentrer sur Bordeaux, en songeant aux veinards qui auront pu rester jusqu'au bout de la soirée en compagnie du duo Justice... 

Et vous pouvez retrouver ici l'interview du sympathique producteur bordelais Nortnord ! 

Charlotte CHARRÈRE