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Le Garçon et la Bête: un voyage dans l'imaginaire de Hosoda

Bonjour à tous et bienvenue pour cette 13e chronique !

Est-ce que vos vacances se passent bien ? Ou est-ce la reprise ? Dans tous les cas, détendez-vous, c’est l’heure de la chronique hebdomadaire sur l’Asie.

La semaine dernière, ce sont les sports insolites japonais qui ont été mis à l’honneur, et vous pouvez les retrouver juste ici.

Aujourd’hui, je vais honteusement (non sans remord) voler le travail d’Anaïs et vous parler cinéma. Le 13 janvier sortait Le garçon et la bête (Bakemono No Ko), la nouvelle perle de Mamoru Hosoda, mais qu’en avons-nous pensé chez StayAwake ?

Réponse immédiatement, garantie sans spoiler, c’est parti. :)

 

 

Mamoru Hosoda, le renouveau de l'animation japonaise ?

   En 2013, le géant Hayao Miyazaki prenait sa retraite avec le génialissime : Le vent se lève, annonçant par la même occasion son désamour pour la nouvelle génération de mangas et de dessins animés.
Évidemment, le vieux bonhomme n’a pas tenu bien longtemps avant de se remettre au travail : c’est donc sur un manga de samurais qu’il a jeté son dévolu.

Photo Mamoru Hosoda
Mamoru Hosoda

L’homme a déjà soulevé des thèmes fondamentaux dans ses films comme l’écologie, la place de la femme dans la société, ou encore la guerre. Le monde entier s’est dit que jamais plus l’animation japonaise n’arriverait à atteindre une telle qualité.

C’est d’abord sur Goro Miyzaki que tous les espoirs furent placés, avec d’excellents films comme La colline aux coquelicots en 2011. Un petit succès pour le fils du plus célèbre des réalisateurs. Pourtant, c’est finalement Mamoru Hosoda qui attire aujourd’hui l’attention. Auteur du devenu classique Les enfants loups, Ame et Yuki. Mamoru Hosoda, se plaît à créer des liens entre hommes et animaux, pour aborder des sujets plus sociologiques et psychologiques que ses prédécesseurs.

Le garçon et la bête raconte l’histoire de Ren, un garçon de 9 ans dont les parents sont divorcés et la mère vient de décéder (c’est la joie). N’ayant aucune information sur son père et refusant de vivre dans une famille d’accueil, il décide de fuir et de vivre dans la rue. Seul et affamé, il fait la rencontre d’un homme-bête : Kumatetsu, qui fera de lui son disciple dans un monde parallèle, celui des bêtes : Jutengai.

Tout comme dans Les enfants loups, Mamoru Hosoda nous replonge dans un monde où l’Homme et l’animal ne font qu’un. Ici, il n’y a ni chasseur, ni proie, l’animal est égal, si ce n’est légèrement supérieur à l’Homme. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes les liens qui uniront ces personnages aux personnalités extraordinaires.

 

Et finalement c'était bien ou non ?

   Si vous aimez l’animation japonaise, vous serez fan du Garçon et la bête, c'est certain.

Manga Le Garçon et la Bête
© manga
Le Garçon et la Bête

Il n’y a pas de doute, on retrouve le style de Mamoru, des traits fins et soignés avec une approche très familière et sympathique des animaux, même les plus terribles. Rien n’est laissé au hasard, on est plongé très rapidement dans le monde des bêtes, à la fois coloré et fantastique (la sensation Ghibli est très présente). Le monde des humains, est quant à lui très bien reproduit, on a véritablement l’impression de se retrouver à Tokyo à l’heure de pointe.

Musicalement parlant, la bande son est assez discrète mais embrasse à merveille le récit. C’est à Masakatsu Takagi que la tâche a été confiée, ayant déjà été sollicité pour la bande originale des Enfants loups en 2012. Les musiques ne sont pas encore disponibles à l’écoute, mais de souvenir, c’est encore une fois une véritable réussite. Takagi est un virtuose du piano, et ça se ressent. L’instrument brille dans les moments d’apaisement, tandis que c’est une véritable fanfare lorsque Kumatetsu entre en scène.

Étant assez puriste, mon seul regret est d’avoir vu le film en VF. Généralement les doubleurs japonais (ou Seiyuu) sont bien plus impliqués dans le récit, ils vivent leur personnage à deux cents pourcents, et croyez-moi, ça change tout. Toutefois, les voix françaises font le travail et permettent aux non-initiés de profiter du film sans problème.



En conclusion, je ne peux que vous conseiller de voir ce film, qui ne sera bientôt plus en salle. L’animation japonaise est entre de bonnes mains, Mamoru Hosoda semble au sommet de son art avec Le garçon et la bête. Néanmoins, je suis véritablement impatient de savoir ce que le successeur spirituel de Hayao Miyazaki, nous réserve.

 

Voilà, ce sera tout pour la chronique de la semaine, j’espère vous avoir donné envie de voir cette petite perle, si ce n’est pas déjà fait. Je vous dis à lundi prochain pour un nouvel article, bonnes vacances pour certains et bon courage pour les autres. Bye bye. :)

Marc BRIAND