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Opsa Deheli, Prophets of Rage et Glasper qui met du Badu dans Davis

Une fois n’est pas coutume (même si ca pourrait le devenir, tout dépend de votre interêt pour la chose) je vais, cette semaine, vous faire part d’une découverte musicale que j’ai faite à Bordeaux. Souvent on a les yeux et les oreilles rivés aux internets, trépignant d’impatience qu’une nouveauté sonore provenant d’un ancien pays du bloc soviétique ou d’une ancienne ville industrielle des terres de l’oncle Sam vienne nous rafraichir les oreilles ! Et pourtant, parfois, on est surpris par ce que l’on peut découvrir autour de nous. On finit une semaine éreintante, on se pose à la guinguette “Chez Alric” et on met son cerveau en pause le temps d’une pinte de houblon bien fraîche. Quand soudainement, un filet de musique nous parvient aux oreilles, inconsciemment on se met à bouger la tête, battre du pied la mesure. La musique est douce, une contrebasse ronde et voluptueuse, une clarinette qui solotte en douceur et un steel drum qui vient piquer la mesure d’un contrepoint doux et metallique. On tourne la tête et nous apparait ce joyeux ensemble :

Eux c’est Opsa deheli, un groupe de joyeux lurons majoritairement bordelais


Enchaînant des morceaux tantôt effrenés tantôt calmes, toujours entêtants, les musiciens d’Opsa Deheli nous offrent une performance complète tant musicalement qu’au niveau du plaisir apparent qu’ils prennent et transmettent à leur public. Les différents pupitres de ce band brille par leur virtuosité dans les solos qu’ils assument tour à tour ou de concerts sans que cela ne se fasse au détriment de l’arrangement global qui reste cohérent et dynamique. En terme de style ils brouillent les frontières, nous font voyager et cela pour notre grand plaisir. Comme il est dit dans le texte qui les présente sur facebook : “[ des ] rythmes endiablés aux couleurs chaleureuses ainsi que l'énergie transmise ne vous laisseront pas indifférent. Mambo, cumbia, musiques traditionnelles, c'est l'occasion de réviser sa géographie en musique, parce qu'un concert d'OPSA DEHËLI, c'est avant tout un voyage autour du monde”.

Je vous renvoie vers leur site internet que vous pourrez trouver en cliquant ici et où vous pourrez déguster quelques vidéos de leur cru. En attendant, si vous en avez l’occasion ALLEZ LES VOIR EN CONCERT, c’est vraiment là que leur musique prend tout leur sens, là on l’on ressent le plus la générosité avec laquelle ils propulsent les sons et les émotions. Pour les casaniers, vous pourrez bientôt apprécier un album live chez vous qu’ils enregistreront à l’occasion de leur passage à Villenave d’Ornon le 25 Juin.

 

Rage Agaisnt the Cypress Enemy

Après cette parenthèse locale revenons à des choses plus globales et parlons d’une nouvelle qui devrait faire plaisir à plus d’un fan de RATM (Rage against the machine), groupe de musique engagé légendaire qui s’était dissolu en 2000. Non, je ne vais pas vous annoncé une inespérée reformation du quatuor mais mieux (ou moins bien, j’écouterai l’album avant d’en juger) : la formation d’un super groupe réunissant des membres de RATM, Cypress Hill et Public Enemy sous le nom de Prophets of Rage ! On connait l’engagement et la fureur avec laquelle chacun de ces groupes défendait ses combats et ses idées, autant vous dire qu’on a hâte de voir quelle synthèse cela va donner. Leur premier concert se déroulera le 3 juin à l’Hollywood Palladium et on espère qu’un album suivra dans la foulée. Histoire de vous faire une idée pour ceux qui ne connaitraient pas ces monuments du Rock / Hip-hop engagés.

Je vous laisse quelques morceaux choisis en-dessous.

 

 

 

Un classique de RATM, oui c'est bien un moine tibétain qui brûle sur la pochette. Je vous avais prévenu les mecs déconnent zéro

 

Du Public ennemy comme on aime avec du bling à l'ancienne : chapeau haut-de-forme et pendule à mémé en pendentif

Juste Cypress Hill

 

When Glasper meets Badu

Cette semaine on termine sur une réinterprétation des succès d’un grand jazzman, réalisé par deux des artistes actuels de ce style que j’aime le plus. Prenez un florilège des meilleures tracks du trompettistes Miles Davis, faites les interpréter par Robert Glasper et ajoutez la voix de Erykah Badu. On mélange le tout, une pincée de soul, un zeste de jazz, beaucoup de talent et de virtuosité et vous obtenez Everything beautiful ! Les morceaux sont raccourcis pour la plupart, ce qui ne leur enlève rien de leur charme originel mais leur donne une dynamique nouvelle et bienvenue. Je vous laisse découvrir cette indispensable dont plusieurs pistes ont déjà été révélées et qui sortira pour de bon le 27 mai prochain où d’autres featurings de qualité devraient venir s’ajouter à celles déjà révélées. En attendant voici le featuring avec Erykah que je vous ventais plus haut :

 

 

 

A la semaine prochaine,

La bise.

Paul BONNEAU