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Mais où sont passés les Bloody Beetroots ?

Christmas is coming. Personne ne peut plus nier l'heureuse vérité dorénavant. A ces personnes qui ont déjà ouvert l'ensemble de leur calendrier de l'Avent, en passant par ces enfants qui sifflent déjà ces appels au réveillon saint, les yeux déjà gourmands de la montagne de papier brillants à venir. Impossible de feindre non plus l’indifférence face à votre messagerie saturée de messages de papa/maman vous faisant part de l’arrivée d’une nouvelle machine à café sur le marché. Clin d’oeil inutile, votre CAF est déjà tombée il y a deux semaines, et les précieux billets ont été dépensés en liquide plus éthylique. Quoi qu’il en soit, ce qui m’a rappelé Noël aujourd’hui n’est pas un message de ma soeur me demandant pour la énième fois une particpation aux cadeaux des parents. Non, ce qui m’a rappelé à Noël, c’est cette musique, Little Stars, aux sons de tintements de cloches et à l’évocation grandissante du sapin de Noël sous les flocons de neige. Et pendant que dehors, la course aux cadeaux fait rage, une question me crâme le cerveau: mais où sont passés les Bloody Beetroots

 

 Du remix à l'album

Assez de rock, de musiques vaporeuses, de voix granuleuses et de tonalités englobantes; place au brutal. Du dément, du frénétique, du fanatique. Lexique dégénéré d’une musique grasse au son nocturne. C'est masqués en Venom, que ce duo italien déambule dans les clubs.

Simone Cogo aka Sir Bob Cornélius Rifo (guitare et clavier) et Tommy Tea au sampler sont issus du milieu punk, et font la synthèse d’une musique entre punk rock et acid house*. Créé fin 2006, The Bloody Beetroots intègre le label américain Dim Mak Records géré par l'honorifique Steve Aoki. Viendra l'adoubement par les grands pontes de la French Touch, Etienne de Crécy et Alex Gopher avec Funk et The Game; puis par la suite la phase prolifique des 26 autres remixes aussi hétéroclites que She is a maniac de Michael Sembello ou I'll destroy de Metallica. L'arrivée massive de leur premier album, "Ramborama" en 2009 est un véritable électrochoc auditif. Littéralement. Toujours cette contradiction des genres qui font d'un album autre chose qu'une simple pochette de disque cartonnée, et il n'y a qu'à écouter des morceaux comme "2nd street have no name" ou "House n°84" pour s'en persuader. 

 

"Hide", la face cachée des Bloody Beetroots 

Si, dans son style le plus frénétique (Runaway, Theolonius, Yeyo) The Bloody Beetroots invite à une danse cabaliste sur laquelle le Baron Samedi vous tire de force à secouer frénétiquement votre tête, à vous en décrocher la colonne vertébrale, au milieu d’une foule anonyme; d'autres morceaux transmettent un son moins convulsif. On citera Have mercy on us et son orgue impérial, All the girls et son featuring avec Theophilus London ou la ballade électronique de Mother. Evolution progressive qui passera par l'EP Domino, avant d'aboutir à l'album plus rock, Hide, et à ses multiples collobarations plus fournies telles que Theophilus London ou Paul McCartney

 SBCR et autres divagations

Si en pratique le projet Bloody Beetroots s'achève en 2015, la question théorique d'un éventuel retour est portée pour 2017 à l'anniversaire des 10 ans du groupe. Entre temps, croisons les doigts pour que de nouvelles collaborations pointent encore le bout de leur nez. L'aventure ne s'arrête pourtant pas là, et si The Bloody Beetroots semble être l'épopée artistique et spirituelle d'un seul homme, on retrouve dans son projet SBRC (Sir Bob Rifo Cornélius) l'âme acide des Bloody Beetroots. Depuis 2015, deux EP ont déjà vu le jour. SBCR and friends vol 1 marque le retour du rythme hystérique des premiers morceaux, alors qu'SBRC & adversaries vol 2 annonce une musique plus expérimentale. Ce qui est déjà en soi une excellente chose lorsqu'un artiste est capable de jouer sur plusieurs registres et plusieurs genres différents. Il restera de tout ça la même attente hâtive d'un enfant le soir du réveillon, et le nom "Bloody Beetroots" marqué au crayon rouge sur votre liste de Noël.

Passez un bon début de vacance, je sais que vous en avez besoin, et see you soon, Space Cowboy !

 

 

*l’acide house est un courant électronique dérivée de la house, prenant son origine dans les années 80 à Chicago. Elle se caractérise par une basse analogique obtenue grâce à un synthétiseur. Le Moog, premier synthétiseur est à la base de la musique électronique actuelle. 

Simon RENIER