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La Suisse, sa musique et l'humour

Cette semaine je vous écris de Suisse ! J’en vois déjà parmi vous lever un sourcil dubitatif. Quel homme censé irait dépenser ses sous et son temps en Suisse ? Je vous arrête de suite, Genève est une ville magnifique, on y mange bien, le lac Leman est très beau et les avantages fiscaux nombreux. Sûrement que certains d’entre vous iront penser que je m’y suis rendu pour mettre à l’abri de l’impôt français mon scandaleux salaire de chroniqueur chez Stayawake ! Surtout que depuis ma dernière augmentation (50% de 0, c’est toujours mieux que rien, enfin pas vraiment mais ça remonte le moral) je ne vous cache pas que les regards en coin se sont multipliés à la rédaction (c’est comme ca que j’appelle le couloir entre les toilettes du 2eme étage et le studio radio de l’IUT de Bordeaux, là encore c’est bon pour le moral) et que je me retourne parfois dans la rue pour vérifier qu’Elise Lucet ne me suit pas pour me demander des détails sur mes relations opaques avec les grands labels de “Trap Musette Minimale” (pour ceux qui n’auraient pas capté la référence cliquez ici, c'est du lourd). Non, comme à chacun des voyages que j'entreprends, je suis allé en Suisse dans le but de découvrir des gens, des paysages, des traditions et, ce qui nous intéresse ici : de la musique !

Les bons baux suisse


Et quelle musique mes amis ! Commençons, sans plus attendre, avec un groupe emblématique que chaque Suisse se doit de connaître sur le bout des doigts Oesch's die Dritten (à mes souhaits) et leur très célèbre “Jodel-Time”

 

pas de pouce bleu ou de pouce rouge sous la vidéo. Cela prouve qu’il n’y a, bel et bien, aucune limite à la neutralité Suisse.

 

 

Alors ? Heureux ? Même si certains d’entre vous se seront laissés charmer par les oeillades gourmandes du serveur dans le clip et que les plus collaboratifs se sont bercés de nostalgie à l’écoute de ce texte magnifique alliant le français à l’allemand, je ne vous ferais pas marcher plus longtemps : non, même si la Suisse est, de bien des manières, un pays riche, ce n’est pas de sa musique que je vais traiter dans la suite de cet article ! Et cette farce introductive n’est pas gratuite car c’est bien d’humour dont nous allons parler aujourd’hui. Mais quel rapport avec la musique me direz-vous? Certains trouveront peut-être cela tiré par les cheveux mais je pense que ceux qui arrivent le plus à nous faire rire sans qu’on les voit gesticuler devant nous n’ont rien à envier aux plus virtuoses des chanteurs. Arriver à transmettre tout le comique d’une situation par des mots habilement choisis, égrainés avec le rythme adéquat et les modulations de voix idoines, ca vaut son pesant de Traviatta. Le ton qui se fait plus aigu et fluet quand l’humour est plus acerbe, et créer un contraste hilarant. Les multiples voix et accents qui, pareilles aux instruments de l'orchestre, jouent de concert et immergent d’autant plus l’auditeur dans la fiction. Le silence avant la chute qui la sublime en la retenant juste ce qu’il faut.

 

"Peut-on rire de tout ? Oui. Avec tout le monde ? C'est dur"

Je vais commencer par vous présenter un de mes humains favoris : Pierre Desproges. Ce génie de l’humour, a foulé notre Terre de 1939 à 1988, date à laquelle il est décédé d’un cancer qu’il s’est toujours plu à moquer. Humour (parfois très) noir (mais c’est ça qu’est bon), aversion pour le conformisme et les bons sentiments, générosité et amour de l’absurde. C’est ainsi que je résumerais le bonhomme sachant qu’un article, même en plusieurs tomes (et je suis limité à 1200 mots déso), ne rendrait pas justice à son talent. Trêve de flagornerie ! Je vous mets en écoute un de mes “tribunal des flagrants délires” préféré, celui où Le Pen est l’accusé et Desproges le procureur (pas de chance Jean-Marie). Je vous conseille d’ailleurs l’écoute des autres épisodes de cette émission qui, bien que les invités et parfois les sujets ont un peu vieilli, n’en restent pas moins hilarants. Allez voir aussi du côté des “chroniques de la haine ordinaire”, vous ne serez pas déçus.

 

 

Le clown (presque) président

Ah Coluche, un autre géant historique de l’humour français. Il faudrait vraiment que vous n’ayez jamais utilisé ni télé ni radio pour ne pas en avoir entendu parler ! Viré des deux radios pour lesquelles il a chroniqué (contrairement à d’autres corps de métiers c’est souvent bon signe chez les humouristes) avant de se présenter aux éléctions présidentielles françaises en 1981. Coluche c'est aussi l'absence de limite dans l’irrévérence, des punchlines comme si il en pleuvait, une gouaille sans pareil ... Si vous ne connaissez pas, jetez-vous sur ses sketchs que l’on trouve très facilement sur youtube. Je vous laisse avec son sketch “le délégué syndical” qui, bien que réalisé dans les années 80, reste d’actualité en ces temps de grogne sociale.

 

 

La méthode Meurice

Oh je vous vois venir ! La Suisse m’aurait rendu passéiste c’est ça ? Eh bien non, il n’y a pas que des rigolos mangeant les pissenlits par la racine qui me font rire. Vous connaissez Guillaume Meurice ? C’est un des chroniqueurs de l’émission “Si tu écoutes j’annule tout” sur France Inter dans laquelle il nous gratifie des meilleurs rencontres qu’il fait au cours de ses pérégrinations. Guillaume Meurice c’est aussi un mélange d’humour noir, d’innocence feinte et d’engagement dans le choix des sujets et la façon, subtile, dont il les traite. Et quelles pérégrinations du Salon de la Barbie au Luxembourg en passant par le congrès de l’UDI, il interroge les cons et les moins cons et excelle dans la mise en exergue des contradictions de notre temps. Et des fois il appelle un candidat à la présidentielle aussi, et pas des moindres comme vous allez le voir l'entendre!

 

Henry de Lesquen ou "comment faire passer Le Pen pour un socialiste"

 

Je m’arrête ici même si les rigolos au verbe musical et à la plume acérée sont encore nombreux. Néanmoins je pense qu’avec ce florilège-là vous aurez largement de quoi vous secouer les côtes pour les mois à venir !

 

Bon baisers de Genève,

Votre chroniqueur musical qui vous aime.

 

BONUS !

Un bonus qui n’en est pas vraiment un car je vais vous hyper plus qu’autre chose ! Ca fait déjà plusieurs mois que le groupe Gorillaz laisse planer le doute sur un potentiel futur album. Ce serait déjà magnifique si il n’y avait que ça mais il se pourrait qu’en plus Jean-michel Jarre, un des papas de l’electro française et David Bowie aient participé à ce projet. Ce ne sont que des rumeurs mais si elles se vérifient on pourrait voir émerger un “Random Access Memory” (Album de Daft Punk au featuring fou et dont la qualité dépasse l’entendement) façon Gorillaz qui secourait bon nombre de paires d’oreilles !

Paul BONNEAU