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Tom Clancy, un homme d’action

Splinter Cell, Ghost Recon, Rainbow Six et plus récemment, The Division, des jeux qui ne vous sont probablement pas inconnus et tous estampillés Tom Clancy. Mais finalement, qui est Tom Clancy ?

©wallpaperswiki.org

Vous l’aurez certainement déjà constaté, mais les premiers jeux étaient destinés à un public très restreint, les enfants. Ce n’est qu’au début des 90’s qu’un changement de mentalité s’opère, posant ainsi les bases du jeu vidéo tel que nous le connaissons aujourd’hui. Dès lors, les thèmes abordés se veulent plus matures et visent un public large. Parmi les précurseurs de cette nouvelle ère, on peut citer l’oeuvre de Kojima. Véritable porte-étendard de l’action-infiltration, la saga Metal Gear a probablement poussé plus d’un développeur à se lancer dans le vaste univers qu’est le jeu vidéo.

Dont un certain Tom Clancy, un personnage au nom connu mais à l’histoire méconnue.

Auteur certes, mais avant tout patriote !

©tomclancy.wikia.com

Avant de prêter son nom à des licences vidéoludiques populaires, Thomas Leo Clancy Jr (aka Tom Clancy) écrivait des romans d’espionnage. Pour comprendre d’où lui vient cette vocation pour l’écriture, il nous faut remonter à l’époque de la guerre du Viêt Nam, conflit historique opposant les peuples du Nord et du Sud du pays (pour schématiser) se déroulant dans les années 60-70. Né en 1947 dans l’état du Maryland, le jeune Tom montre dès sa plus tendre enfance, un attachement particulier à tout ce qui touche au monde du militaire.

Ainsi, véritable patriote dans l’âme, il cherche à intégrer la célèbre US Army dans le but de rejoindre ledit conflit qui fait rage. Malheureusement, il ne peut intégrer les rangs car sa vue est jugée trop mauvaise (au grand dam des recruteurs de l’armée)…

Sa carrière dans les forces américaines tombée à l’eau, il n’abandonne pas pour autant cette passion du militaire et décide de la coucher sur papier.

Son premier livre sort donc en 1984. Intitulé Octobre Rouge, le roman reçoit un excellent accueil et se voit même encensé par le président américain de l’époque, Ronald Reagan ! Très largement inspiré de la mutinerie du Storojevoï, une frégate russe dotée d’armes nucléaires, Octobre Rouge a initié un nouveau genre littéraire (et cinématographique), le techno-thriller. Entendez par là que l’on retrouve les codes du thriller, et ajoutez à cela un fort ancrage historique ainsi que des moyens militaires de haute technologie au rôle prépondérant.

De l'importance de bons amis

Ainsi lancée, sa carrière ne cessera de s’enrichir de nouvelles oeuvres plus ou moins inspirées, mais au réalisme toujours aussi bluffant. Et pour satisfaire cette exigence, Tom Clancy s’aidait d’une de ses connaissances, Doug Littlejohns, un capitaine de la Royal Navy. À la suite du succès de Tempête Rouge, Littlejohns propose au romancier de fonder Red Storm Entertainment, une entreprise multimédia de divertissement. Le jeune studio se fait alors connaître avec Tom Clancy’s Rainbow Six, premier épisode de la franchise. Le jeu se veut principalement axé sur la planification et la stratégie, sans toutefois délaisser le côté action du titre. [Attention, si par le plus grand des hasards vous vous essayez à cet opus, optez pour la version PC. Les autres plateformes ont été quelque peu délaissées de ce qui fait le charme de la série (en gros, oubliez la stratégie).]

La combinaison s’avère payante, le soft est apprécié par les joueurs pour son réalisme et sa fidélité, une caractéristique partagée avec les oeuvres littéraires de Clancy. D’ailleurs, quelques semaines après la sortie de R6, un roman du même nom voit le jour. Et c’est là toute l’idée de l’écrivain, accompagner les jeux des romans qui leur sont associés, permettant ainsi de développer le background des softs. 

Ayant certainement flairé l’intérêt pécuniaire de la chose, la société française Ubisoft s’empresse de mettre la main sur Red Storm et officialise son acquisition en 2000.

Dès lors, vous connaissez la suite. Ubisoft multiplie les franchises et les exploite à outrance, dont Splinter Cell et Ghost Recon. La participation de Tom Clancy à l’écriture du scénario permet tout de même d’assurer une certaine cohérence dans les faits, tout en offrant le réalisme qui lui est cher.

Cependant, ce constat est vrai pour les premiers opus. Au fil des jeux, le scénario n’en sera que plus édulcoré et dérivera peu à peu de l’oeuvre originale, jusqu’à n’être plus que l’ombre de lui-même…

Personnalité ou licence, telle est la question.

©tomclancy-thedivision.ubi.com

Et on en vient donc au petit dernier du studio qui s’apprête à sortir dans seulement quelques petites semaines, The Division. Je ne vais pas vous faire un énième test ou un quelconque compte-rendu de mon expérience de jeu sur celui-ci, comme il en existe par milliers sur le Net, mais plutôt aborder les ‘‘fines’’ accointances liant l’oeuvre de Clancy et le titre d’Ubi.

©wallpaperup.com

Pour vous rappeler le contexte, l’éditeur profite de l’E3 2013 pour dévoiler Tom Clancy’s The Division. Seulement, Clancy nous quitte quelques mois après, laissant derrière lui un bon paquet de bouquins. Néanmoins, Ubisoft n’en démord pas et continue dans sa lancée sans laisser un petit mot doux à l’attention de l’auteur…

Et c’est là que le problème se pose, comment prétendre développer un jeu signé de la plume de Tom Clancy sans que celui-ci ne participe à l’élaboration du scénar ? Car oui, l’écrivain n’a pas eu son mot à dire dans la conception de ce dernier. Pourtant, les devs assurent que le style et l’ambiance sont inspirés de son oeuvre… Mouais. Le titre puise plutôt ses origines dans la directive 51 ainsi que l’opération Dark Winter (deux sujets très intéressants d’ailleurs), et non dans l’univers du romancier.

Désormais, la mention Tom Clancy fait office de ‘‘gage de qualité’’ pour Ubisoft, valorisant le moindre jeu du studio abordant la thématique du politico-militaire et rassurant du même coup les acheteurs potentiels. Toutefois, méfiez-vous, cette dernière ne garantit en aucun cas la qualité du jeu et je crains que l’usage de cette identité se multiplie dans les années à venir…

Bref, si vous êtes arrivé à tenir la lecture jusqu’ici, je vous félicite ! Maintenant, pour la détente, voici une p’tite vidéo sur The Division en compagnie de SUP3R KONAR ! Un pseudo explicite révélant le ton décalé et décontract’ de ses vidéos.

Retrouvez le sur YouTube ainsi que sur Twitch !

Sur ce, bonne vidéo à tous et nous nous retrouverons la semaine prochaine ! Bisouw !

Jérémy BESSONIES