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Call of Cthulhu, ou l'horreur de la réalité

« On peut concevoir la survivance de forces ou d’êtres semblables…, la survivance d’une époque infiniment lointaine où… la conscience se manifestait sous des formes qui se sont depuis longtemps retirées de la surface du globe devant le flot montant du genre humain… Formes dont seules la poésie et la légende ont conservé un souvenir fugace pour en faire des dieux, des monstres, et des créatures mythiques de toute espèce… »

Algernon Blackwood

C’est sur ces mots, trouvés dans les papiers du défunt Francis Wayland Thurston, que débute le récit de faits troublants liés à une entité monstrueuse mais non moins célèbre, Cthulhu.

Engagez-vous dans la marine qu'ils disaient... Vous ferez de belles rencontres qu'ils disaient...

Geek que vous êtes, vous avez certainement entendu parler de Cthulhu (si ce n’est pas le cas, rendez-vous à la bibliothèque d’urgence, votre culture en dépend). Décrit comme un être immonde (au nom imprononçable) doté d’un corps de pieuvre et d’ailes de dragon, ce titan monstrueux a été érigé de toutes pièces par le plus incroyable des misanthropes, Howard Phillips Lovecraft. Né en 1890, ce romancier et poète est à l’origine du cosmicisme (merci Wiki), un mouvement littéraire visant à décrire la tourmente psychologique dont sont victimes les protagonistes présents dans ses oeuvres. Même si le lectorat de son temps était limité, Lovecraft connaîtra son âge d’or à sa mort. Encore aujourd’hui, ses nouvelles inspirent les plus grands, dont Stephen King, et les oeuvres lui rendant hommage ne cessent de se multiplier. Le jeu vidéo ne déroge d’ailleurs pas à la règle puisque les petits gars de Frictional Games sont parvenus à nous livrer Amnesia, titre à l’ambiance profondément lovecraftienne et acclamé par la critique.

Ce n’est que récemment que Cyanide Studio et Focus ont annoncé travailler activement sur Call of Cthulhu, titre éponyme d’une des nouvelles légendaires de Lovecraft. Anciens joueurs du jeu de rôle du même nom, l’équipe de Cyanide semble être constituée de quelques grands fans de l’univers du romancier. Une bonne assurance en soi quant à la cohésion avec l’atmosphère de ses oeuvres. Dans le même ordre d’idée, Mark Morrison, écrivain de récits et de scénarios liés au mythe de Cthulhu, sera de la partie.

Sombre à souhait... Comme nous l'aimons !

Horreur oblige, l’ambiance sombre et pesante est de mise. Vos promenades dans la peau d’Edward Pierce, vétéran de la Grande Guerre fraîchement reconverti en enquêteur privé (mais agent de la paix avant tout), vont rapidement se transformer en cauchemars éveillés puisqu’un homme, ayant récemment perdu sa petite famille dans des circonstances pour le moins étonnantes, vous embauchera afin de découvrir la vérité.

C’est donc à vous qu’incombe la lourde responsabilité de lever le voile sur ce mystère, au péril de votre intégrité physique mais surtout psychologique. Cette dernière sera représentée par une « jauge de sanité » qu’il vous faudra maintenir au plus haut sous peine de voir votre personnage sombrer doucement dans la folie. Une feature récurrente présente dans chaque adaptation vidéoludique de l’univers lovecraftien. Vos choix et actions auront donc un réel impact sur votre bon sens. Mais vous protéger constamment de tout évènement surnaturel ou paranormal (ou plutôt de la réalité telle que la conçoit Lovecraft) ne vous sera pas forcément bénéfique puisque certains indices, cachés dans des zones que l’on qualifiera de « sensibles », feront grandement avancer votre enquête. Enquête qui ne pourra évoluer qu’avec la coopération des habitants de Blackwater, relativement peu enclins à s’acoquiner avec les étrangers de passage… À vous de les convaincre que vous êtes un type de confiance en taillant le bout de gras avec eux, ou bien de les menacer afin de leur soutirer l’information désirée. Sachez seulement que même si cette dernière méthode s’avérera efficace lors du dialogue, elle le sera beaucoup moins lorsque ledit habitant, rancunier, vous tendra un piège mortel. À l’inverse, vous pourrez obtenir, en plus des précieuses infos, des faveurs de la populace locale si vous vous révélez ne pas être un mauvais bougre.

Agissez donc avec tact (mais pas trop) et finesse (mais pas trop) pour ranger quelques habitants sous votre bannière. D’ailleurs, une fois cela fait, vous pourrez attribuer des tâches à chacun d’eux, telles que la récupération de documents, afin de faire avancer votre enquête. À cela, vient s’ajouter un arbre de compétences qu’il vous sera possible de développer au fur et à mesure de vos péripéties. Une dimension Gestion-RPG bien amenée dans un titre qui ne compte qu’une unique fin, mais une multitude de façons de l’atteindre.

Il est ti pas mignon ?

Ce Call of Cthulhu sait se faire attendre et tarde à se dévoiler. Ancrée depuis bien longtemps dans la culture populaire, la communauté adhérant à ce mythe ne cesse de croître et ce faisant, les joueurs s’impatientent. Mais avec de telles cartes en main, le titre pourra difficilement décevoir et rattrapera très certainement les quelques tares de son aîné (Call of Cthulhu : Dark Corners of the Earth), sorti en 2006.

 

 

Sous l'océan...

Petite anecdote pour la route :

R’lyeh (ne tentez pas de prononcer ce nom, c’est tout simplement impossible), cité engloutie fictive dans laquelle réside Cthulhu, est approximativement située au point Némo (pas le p’tit poisson rouge, hein) soit le lieu de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée. Aux alentours de ce même lieu a été capté ce que l’on appelle le « bloop ». Un son d’ultra-basse fréquence ayant été émis à plusieurs reprises durant l’été 1997 qui, je cite « bien qu’il recoupe le profil audio d’un animal vivant, il n’y a aucune espèce connue qui pourrait avoir produit ce son. Si c’était un animal, il serait énorme, plus grand que la baleine bleue, d’après des scientifiques qui ont étudié le phénomène. »

Encore une fois... Merci Wiki !

C’est bon ? Tu commences à flipper ? Bouge pas, j’ai mieux : « Certains scientifiques postulent que ce son pourrait être émis par un énorme et encore non découvert calamar géant ou pieuvre… » Coïncidence ? Je crois bien, puisqu’aucun poulpe ou autre grosse bestiole à tentacules ne serait capable de rester aussi longtemps sous l’eau sans nécessiter de reprendre sa respiration (à moins qu’elle soit munie d’un très long tuba ?) et donc, elle se serait forcément faite repérer lors de sa remontée à la surface… Et il semble que le phénomène du bloop soit lié à un important tremblement de glace en profondeur. En effet, beaucoup d’autres mouvements d’icebergs affichent un spectrographe similaire à ce dernier.

 

Attention tout de même, car je vous livre ici la version officielle transmise par les autorités américaines. Et, entre nous, nous savons combien les américains sont prompts à falsifier bon nombre de documents pour éviter de diffuser une vérité qui les dérange… N’est-ce pas ? Oh oh, je crois que la NSA m’a repéré… Je vais devoir vous laisser, faut que j’aille cacher ma StayAwake money au Panama… Bisouw et à la semaine prochaine !

Jérémy BESSONIES