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Conférence Climax 2017 : Vers une justice alimentaire mondiale

Le festival Climax est déjà bien loin derrière nous, mais en ce début de mois d'octobre, StayAwake vous remet dans l'ambiance avec un article traitant de la conférence « Vers une justice alimentaire mondiale », tenue à Darwin le samedi 9 septembre en présence de José Bové. Je vous propose donc un petit debrief si vous n'avez pas pu y assister.

Intervenants : José Bové : Député européen / Claire Nouvian : membre de BLOOM / François Collart Dutilleul : professeur d'Université / Arthur Keller : ingénieur, auteur Adrastia / Emilie Sarrazin : Max Havelaar

La conférence démarre sur un constat édifiant: toutes les 5 secondes, un enfant meurt de faim et que sur les 7 milliards de personnes qui occupent notre planète, 1 milliard souffrent de sous-alimentation.

Et pourtant, selon José Bové, le nombre de terres agricoles et les ressources dont nous disposons peuvent permettre de nourrir 12 milliards d'individus. Le calcul est donc simple, nous disposons à l'heure actuelle de suffisamment de ressources pour nourrir le double de la population !

Une question reste donc en suspens: Pourquoi ne parvenons nous pas à nourrir ces populations qui souffrent de la faim alors que notre environnement nous permet de subvenir à leurs besoins ?

Pour le député européen, l'explication réside dans le système économique et politique d'aujourd'hui. En effet, pour lui, le libre-échange et la mondialisation ne font que creuser le fossé en terme d'accès aux denrées alimentaires.

Ses propos rejoignent ceux de la conférence « Demain tous végétariens ? » en nous rappelant que sur la totalité des terres agricoles disponibles, 60 % sont exclusivement dédiées à la production de céréales à destination de l'élevage carné.

Nous vivons dans une époque où nous préférons privilégier des élevages céréaliers à destination d'animaux d'élevages au détriment de millions de personnes ! Cherchez l'erreur, ces animaux pourraient tout aussi bien se contenter des ressources naturelles dont nous disposons (herbe, par exemple ?) au lieu d'être nourris à base de céréales et autres aliments provenant de l'agriculture.

La guerre contre les poissons

Cette mondialisation, responsable de beaucoup de dégradations environnementales laisse de nombreuses traces sur son passage et notamment dans le milieu maritime comme nous l'apprend Claire Nouvian « Au niveau de la mer, on prend bien trop de choses depuis bien trop longtemps. Nous mangeons trop de poissons avec des méthodes de pêches trop efficaces ». Pour cette dernière, la biodiversité maritime est en danger. Elle tire la sonnette d'alarme en rappelant que depuis 50 ans, 90% des grands prédateurs ont disparu.

Mais la faute à qui ? A la pêche intensive, qui use de moyens toujours plus performants pour amasser un maximum de poissons. Claire Nouvian va jusqu'à parler de « guerre contre les poissons » en faisant référence à l'armement dont disposent ces navires écumant les fonds marins.

Elle dénonce l'OMC (Organisation Mondiale du commerce) qui encourage ces pratiques qui nous feraient presque oublier la pêche vivrière d'autrefois réalisée à l'échelle locale.

La solidarité : un concept en perdition

François Collart Dutilleul, nous rappelle que l'accès à la nourriture est un droit fondamental tout comme l'accès à l'air. Pour lui, nous devrions avoir un accès libre à la nourriture.

Arthur Keller revient quant à lui, sur la notion de solidarité. Pour lui, c'est un concept qui se perd au fil des années. Le monde tel que nous le connaissons voit des écart « indécents » de modes de vie avec d'un côté 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leurs faims et de l'autre 2 milliards d'obèses.

La priorité actuelle est de mettre l'accent sur la bienveillance et l'éthique, qualités qui ont tendance à se perdre au fur et à mesure que les années passent... !

Pour lui, il ne faut pas s'enfermer dans un ethnocentrisme voir égocentrisme, et regarder autour de nous, accepter de voir ce qui se passe ailleurs et ne pas penser que les problèmes des Autres ne nous concernent pas, car comme il l'indique « cela nous rattrapera ». Ce concept de solidarité est également repris par José Bové, en indiquant que nous pouvons agir sur différents niveaux : consommer des produits issus du commerce équitable et réduire les circuits de production.
Le droit à la souveraineté alimentaire est un concept, que nous ne connaissons plus dans notre société actuelle, et les différents intervenants nous le font bien comprendre au travers de leurs différentes interventions.

Un conférence juste !

J'ai trouvé cette conférence très intéressante ! Elle traite de problèmes extrêmement graves encore peu abordés de nos jours alors que le constat est dramatique.

Au-delà de l'aspect politisé qui peut transparaître durant ces différentes interventions, nous ne pouvons qu'acquiescer de la véracité des faits et admettre que les choses doivent changer. Je vous laisse vous faire votre propre avis sur la question.

 

Mégane PENFRAT