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Pokémon et folklore japonais!

     Bonjours, amis pokéfans!

Ce lundi, comme j'aime beaucoup la franchise et que je ne me lasserai jamais d'en parler, je vous annonce avec joie que l'on se tourne encore une fois vers Pokémon!

zakstudio.com

Comme je l'ai dit dans mes précédents articles sur le sujet : que ce soit dans la géographie de ses régions, dans les légendes qu'elle met en place, ou bien sûr dans le concept même des pokémons, la franchise s'est toujours attachée à puiser son inspiration dans des sources diverses. Notamment dans la culture et le folklore de son pays : le Japon. Et c'est bien sûr ce qui va nous intéresser ici !

En fouillant un moment dans le pokédex de la première génération, j'ai fini par vous choisir quelques exemples qui me paraissaient particulièrement intéressants. Commençons donc tout de suite avec :

     Feunard, le Kitsune

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Déjà, qu'est-ce que c'est qu'un kitsune ? C'est un yôkai, un esprit du folklore japonais, plus précisément un renard qui, après avoir vécu au moins 100 ans, se voit pousser plusieurs queues supplémentaires pour en posséder neuf au maximum. Avec ces évolutions physiques, le renard obtient également de nombreux pouvoirs magiques : il peut par exemple changer son apparence (souvent en celle d'une belle jeune fille) pour tromper les humains, ou encore posséder le corps d'une personne. Certains textes ou légendes prêtent même aux kyûbi no kitsune (les renards à neuf queues, les plus puissants) le pouvoir de tordre l'espace-temps, ce qui reste objectivement plutôt badasse ! Tantôt bienveillant, tantôt maléfiques, les kitsune sont aujourd'hui très présents dans les représentations artistiques nippones.

pokepedia.fr

Avec ses neuf queues et son pelage doré comme celui des plus vieux kitsune, il est assez évident que feunard soit inspiré de ce yôkai. D'autant plus que le pokédex, et ce pour quasiment chacune des générations de jeux, précise que, comme le yôkai, feunard a une durée de vie extrêmement longue, allant jusqu'à 1000 ans. De plus, dans la franchise, on prête également au pokémon certains pouvoirs magiques : dans le pokédex de Pokémon Rubis Oméga, on dit de lui qu'il peut prendre le contrôle de l'esprit de ses ennemis, mais surtout, on nous parle quasi systématiquement d'une malédiction de 1000 ans qui s'abattrait sur quiconque oserait attraper l'une de ses neuf queues.

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Cet aspect du pokémon est notamment au cœur du scénario de Pokémon Donjon Mystère : Équipe de secours rouge et bleue (2005) où il est notamment question d'un humain maudit par feunard à renaître un jour sous la forme d'un pokémon au moment où le monde semblera commencer à s'effondrer. On le voit particulièrement bien dans ces jeux, feunard, comme les kitsune, nourrit chez les autres de la crainte mêlée à du respect.

Cependant, feunard se détache en un point du kyûbi no kitsune. Ce dernier est très généralement vu comme maléfique et dangereux par le folklore japonais. Alors que pour le pokémon, c'est moins manichéen. Il n'est ni bienveillant, ni malicieux, juste neutre. Mais il n'aime pas se faire emmerder !

     Magicarpe, Léviator, et la légende des carpes Koï

blog4ever.com

Ici pour le coup, la ressemblance physique avec « l'être de la légende » n'est pas flagrante... En plus de ça, la légende en question n'est pas japonaise, mais chinoise ! Elle a cependant fait plus tard l'objet d'une réappropriation par les japonais. Mais je sens que vous vous impatientez, venons-en aux faits.

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Magicarpe, qui est une carpe, est inspiré de la carpe Koï. Même si le nom de ce poisson vous est inconnu, il est certain que sa tête vous dise quelque chose. Vous pouvez aller vérifier. Bref, en Chine donc, il existe une légende selon laquelle les carpes qui parviendraient à remonter le fleuve Jaune se transformeraient en dragons et s'envoleraient vers le ciel. Cette légende met en avant la gratification du courage et de la persévérance. C'est pour ça qu'elle est aujourd'hui utilisée par les japonais pour célébrer le Kodomo no hi, le jour des enfants. Pour la fête, chaque famille accroche à un manche à air des banderoles en forme de carpes, les Koinobori, représentants chacune un membre de la famille. A la base, la fête existait pour encourager les jeunes garçons à être forts et courageux, comme les carpes, pour qu'ils puissent devenir de grands adultes/dragons !

laurelanneequineart.com

Ce qui nous ramène vers magicarpe. Lui qui est si faible et si méprisé par les dresseurs, malgré qu'on nous dise de lui qu'il est extrêmement résistant (d'après le pokédex il peut survivre dans des eaux très polluées), il se bat toute son existence, et au niveau 20, il évolue en un beau dragon : léviator. Alors oui, léviator n'est pas de type dragon mais il ressemble quand même beaucoup aux bébêtes folkloriques japonaises. Et, si de toute façon vous avez décidé de râler, je vous ferai remarquer que dracaufeu n'est pas non plus de type dragon, et que du coup, ce n'est pas non plus un vrai dragon, voilà. En plus regardez comme le type donné à léviator, le type eau, est plus évocateur , parce que c'est clairement un pokémon marin, comme magicarpe, et en plus du type vol puisqu’après avoir remonté le fleuve il s'envole dans les airs, comme le dit la légende ! (Comme quoi même si les types de certains pokémons s'avèrent à priori absurdes, ils ont toujours une signification.)

Pour appuyer encore un peu la référence, allons voir du côté du magnifique, et toujours génial, Pokémon Snap sur Nintendo 64 (2000). En gros, le concept du jeu, c'est de se balader dans un véhicule guidé par des rails dans différents lieux, et de prendre en photo les pokémons qui s'y trouvent. A un moment, dans le circuit de la vallée, on peut parvenir à faire sauter un magicarpe hors de l'eau, juste au bon endroit pour qu'un férosinge sur la rive puisse lui donner un bon coup de poing et le projette au loin. Plus tard on retrouve le même magicarpe posé sur un rocher : jetons lui de nouveau quelque chose pour le faire sauter, et le voilà qui se jette dans une cascade. Et qu'est-ce qui ressort de la cascade ? Et bien un léviator bien sûr.

Dernière petite info que je trouve assez croustillante, parmi les nombreuses variétés de carpes Koï qui existent, les dorées sont plus rares et sont de fait, un symbole de chance. Or, la forme shiny de magicarpe (forme d'un pokémon avec une couleur différente de d'habitude, beaucoup plus difficile à rencontrer) est… dorée. Je ne pense pas que ce soit un hasard.

     Un panorama folklorique immense

yzgeneration.com

Ici, nous n'avons traité que de deux exemples qui s'inspiraient de la culture japonaise, voire asiatique en général avec la légende des carpes Koï. Mais la licence Pokémon pioche aussi beaucoup ailleurs. Elle s'intéresse évidemment à la culture nippone qui est la sienne, tout en restant ouverte à d'autres cultures.

Très sincèrement, je pensais pouvoir, et je voulais, aborder plus d'exemples. Mais malheureusement, comme d'habitude, je n'en ai pas eu le temps... Cela dit le format me plaît pas mal et, je sais que je dis ça souvent, mais il y a peut-être bien moyen que je remette ça un de ces jours. Et du coup j'ai encore plein d'exemples sympas en poche !

Sur ce, jouez bien à Pokémon, et à la semaine prochaine pour un nouvel article Japon !

Simon MORGAN