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Le Hangeul, un symbole de l’identité coréenne.

Annyeonghaseyo ! Bienvenue pour la chronique hebdomadaire sur l’asie !

De retour du Bordeaux Geek Festival pour vous jouer un mauvais tour ! Hé oui, toute l’équipe StayAwake était présente durant cet événement pour vous faire vivre 3 jours de pure geekerie. J’ai eu l’occasion d’écrire plusieurs articles pour l’association Mandora et le Bordeaux Geek Festival sur différents sujets en rapport avec la culture geek, avec mes fidèles compagnons que vous connaissez déjà, Jérémy et Éva. Si ça vous intéresse c’est juste ici !

Bref ! En me baladant dans les allées, j’ai eu la chance d’observer de la calligraphie japonaise et coréenne. Si l’histoire japonaise a été maintes fois expliquée et reprise dans mes articles, celle des Corée est un peu moins représentée. Je vous propose donc de découvrir aujourd’hui le Hangeul, l’alphabet coréen.

 

Une création récente et originale

Du quatrième au huitième siècle après J.-C, les textes religieux se diffusent largement à travers l’Asie. La langue chinoise, déjà largement développée, continue à s’étendre et à faire proliférer la religion bouddhiste. C’est au 4e siècle que l’écriture du chinois se généralise et s’instaure en Corée (qui à l’époque n’est pas séparée bien évidemment). Durant quatre siècles, les coréens sont soumis à l’écriture du chinois pour immortaliser leur langue. Cependant, le manque de cohérence force le gouvernement à modifier le système et à mettre en place le Idu qui possède une grosse base de chinois, donc une écriture toujours plus compliquée. Ce système va durer près de sept siècles, donc si vous vous demandiez pourquoi la Corée possède autant d’entreprise de renom et de savants, voici une piste.

Sejong le Grand -  Séoul

Arriva le 15e siècle, l’âge d’or de l’histoire coréenne, une véritable renaissance de la culture et de la langue, symbolisée par le roi Sejong le Grand. Spécialiste en phonétique, humaniste et scientifique, il est l’homme à l’origine de l’alphabet coréen tel que nous le connaissons aujourd’hui. La légende veut qu’il ait écrit cet alphabet en parfait secret, de peur d’une répression trop forte de la noblesse. Néanmoins, après l’avoir longuement développée et façonnée, cette nouvelle écriture est instaurée en 1446 et subit comme prévu de vives contestations. Elle finira par être interdite par le successeur de Sejong : Yeonsangun, après avoir été insulté en Hangeul. Bon, après il ne doit pas avoir accompli grand-chose de bien au vu de sa page wikipédia française.

Cet alphabet est resté néanmoins très populaire auprès des femmes et des récalcitrants à la langue chinoise. Peu à peu, le Hangeul devient un outil indispensable à la littérature romanesque féminine et au secteur officiel, par sa simplicité et son efficacité. Enfin, vint l’occupation japonaise de 1890 et avec elle un monticule de changements dans tous les secteurs dont : l’interdiction du chinois et la mise en place du coréen moderne.

L’indexation de la Corée en 1910 par le Japon, obligea la population à jongler entre les deux langues, de manière plus ou moins légale selon l’humeur des occupants japonais. Après la Seconde guerre Mondiale, le Japon se retire définitivement de Corée et l’écriture du coréen moderne connaît un succès incomparable, atteignant un taux d’alphabétisation extrêmement rapide et faisant ainsi de la Corée, l’un des pays les plus alphabétisés au monde.



Un raisonnement scientifique.

Sejong le Grand (oui, j’aime bien mettre son suffixe patronymique) est avant tout un savant et c’est ce qui rend sa création si incroyable. Cette écriture ne provient pas d’une amélioration progressive d’un dialecte au fil du temps, c’est une création de A à Z.


Sejong s’est inspiré du mouvement que font nos organes pour dessiner ces idéogrammes simples, les rendant ainsi les plus naturels possibles. La simplicité du Hangeul lui a valu le titre de « alphabet pour femme » à l’époque où celui-ci a été créé, avec malheureusement un ton très péjoratif. Pourtant, il comprend une quarantaine d’idéogrammes dont : 14 consonnes, 5 consonnes doubles, 10 voyelles basiques et 11 voyelles composées, ce qui le rend simple à apprendre mais complexe à utiliser. N’ayant aucune base en coréen, je ne m’aventurerai pas à expliquer les tenants et les aboutissants de cette écriture, Google le fera bien mieux que moi.

 

Il est difficile d’évaluer la charge de travail qu'a du réaliser le roi Sejong afin de mettre au monde le Hangeul. Pourtant, son raisonnement scientifique quasi-parfait aura eu raison du conservatisme chinois instauré en Corée durant sept siècles.
Aujourd’hui, près de 75 millions de coréens écrivent en Hangeul. Même si les deux Corée ne partagent plus le même mode de vie, ils leur restent néanmoins une langue et une écriture communes, qui espérons-le, servira à rétablir un dialogue et des accords entre elles.

Marc BRIAND