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''Boro la Chenille'', Hayao Miyazaki se remet encore au travail!

     Bonjour lecteurs !

katibin.fr

Vous n’êtes peut-être pas passés à côté de l'annonce. On l'a su le 14 novembre dernier : Hayao Miyazaki sort de la retraite et se lance dans un nouveau film ! On n'en sait pas encore beaucoup mais je vais essayer de vous transmettre au mieux ce qu'on peut retenir de cette annonce, ce qui me permettra par la même occasion de vous faire une rapide présentation du bonhomme.

     ''Boro la Chenille''

buta-connection.net

C'est le nom du film que nous prépare en ce moment ce bon vieux Hayao. Ce projet n'est pas si nouveau que ça, puisque Miyazaki hésitait déjà à le réaliser en 1996. Son producteur de l’époque, Toshio Suzuki, lui fera néanmoins changer d’avis, permettant ainsi au sublime Princesse Mononoke (1997) de paraître sur nos écrans l’année suivante. Un choix qui s'avérera bon puisque le film consacrera le réalisateur au niveau international.

Le projet de ''Boro la Chenille'' sera de nouveau abordé en 2016. Miyazaki, alors à la retraite depuis quelques années, annonça qu’il voulait faire de ce film un court-métrage destiné au musée Ghibli. Il jugea cependant il y a quelques jours qu’en faire finalement un long-métrage serait plus intéressant. S’il n'a pas encore l'accord du studio Ghibli, on se doute bien qu'il l'obtiendra. Dans tous les cas, ça n’a pas empêché le cofondateur d'avoir déjà commencé à plancher sur le projet.

     Une nouvelle... pas si surprenante que ça.

Je m'explique. Ce n'est en effet pas la première fois que l'auteur nippon annonce sa retraite pour décider de revenir faire un film. Loin de là ! Dès 1997 et la sortie de Princesse Mononoke, Miyazaki annonçait : « Je crois que c'est le dernier film que je ferai de cette manière ». Il exprimait ainsi le fait que cela devenait difficile, à 54 ans, d'être aussi présent à toutes les étapes de la réalisation de ses films, et qu'il allait certainement par la suite déléguer peu à peu plus de tâches à son équipe. Mais la presse a préféré ne pas tenir compte de toute la citation et a directement annoncé la retraite du réalisateur.

listal.com

Une annonce qui s'est toutefois avérée prophétique puisque Miyazaki quitta le studio Ghibli après la sortie du film. Il partit serein, voyant son successeur en la personne de Yoshifumi Kondô, réalisateur du très chouette Si tu tends l'Oreille (1995) que je vous invite très fort à aller voir. Mais une catastrophe tombe le 21 janvier 1998 : Kondo meurt d'un anévrisme. Miyazaki décide alors de revenir au boulot en prenant le titre de shochô, signifiant ''tête du service''. A partir de là, il prendra l'habitude d'annoncer sa retraite à chacun de ses films et de revenir à chaque fois pour nous livrer une nouvelle pépite d'animation, parce que quand même, faire des films c'est vraiment trop bien.

C'est en 2013 que la décision de l'auteur semble plus définitive: Le Vent se Lève (2013) sera son dernier film. Cela ne l’a pas empêché de revenir vers nous cette année en annonçant, non sans un brin d'humour qu'il est « préparé à mourir en plein milieu ». Ce nouveau film pourrait très bien marquer un tournant dans la carrière du bonhomme car il est prévu qu'il soit réalisé en animation 3D ! Ce qui ne déplaira certainement pas aux autres grands studios Pixar qui admirent et s'inspirent depuis longtemps du maître nippon. Ce coup-ci, l’inspiration va dans l’autre sens!

     Mais qui est donc Hayao Miyazaki ?

kanpai.fr

Et bien, sans aucun doute LE maître de l'animation japonaise (Oui oui j'aime vraiment beaucoup son travail !) Il est, avec Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles, Le Conte de la Princesse Kaguya), le cofondateur du célèbre studio Ghibli auquel il a fourni un logo remarquable avec le personnage de Totoro ! Avec Princesse Mononoke (1997), il est l'auteur d'un des trois films qui ont permis la reconnaissance de l'animation japonaise en Occident dans les années 90, les deux autres étant Akira (Katsuhiro Ôtomo, 1988) et Ghost in the Shell (Mamoru Oshii, 1995). Aujourd'hui, il est l'un des rares représentants de l'animation japonaise à avoir reçu quelques prix prestigieux en Occident, dont un Ours d'Or au festival de Berlin pour Le Voyage de Chihiro en 2002 et un Lion d'Or pour l'ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise de 2005.

     Des thèmes récurrents.

Miyazaki est clairement un écologiste convaincu qui attend « pas complètement en plaisantant » une ère où les « herbes vertes sauvages » reprendront la Terre ! Il est aussi un des nombreux artistes nippons traumatisés par la bombe atomique. C'est ainsi qu'on retrouve les thèmes macabres de l'Apocalypse et des ''armes suprêmes'' dans Nausicaä de la Vallée du Vent (1984) et Le Château dans le Ciel (1986).

Nausicaä de la Vallée du Vent (Hayao Miyazaki, 1984)

C'est aussi un fervent féministe. Pour lui, une société ne peut fonctionner correctement que si elle donne une place aux femmes. C'est dans cette idée qu'on retrouve des femmes pour retaper l'avion de Porco Rosso (1992) ou pour faire fonctionner les forges de Dame Eboshi dans Princesse Mononoke (1997). Toutes les tranches d'âge sont présentées: on va des petites filles de Mon Voisin Totoro (1988) et Kiki la Petite Sorcière (1989) à la mamie Sophie du Château Ambulant (2004).

Il se positionne également sur la problématique centrale du Japon contemporain, qui confronte une volonté de conserver des traditions millénaires à celle de s’occidentaliser. C'est pour cela que Miyazaki met en avant dans ses films le florissant folklore japonais en présentant de multiples esprits et kamis (divinités shintoïstes) dans, par exemple, Le Voyage de Chihiro (2001). C'est aussi dans cette optique que Princesse Mononoke (1997) image la fin de l'Âge des Dieux et le début de celui des hommes par la mort symbolique du kami Dieu-Cerf. Ici cependant, Miyazaki reste assez optimiste en nous montrant que la forêt arrive tout de même à renaître, le Monde ne s'arrête pas pour autant.

myanimelist.net et canime.wordpress.com

     Un retour qui sera attendu !

Des personnages excentriques et attachants, des paysages magnifiques, des esprits en tous genres, une musique fabuleuse composée par le génial Joe Hisaishi : autant de choses qui nous font adorer les films du maître et qui nous feront attendre avec impatience la sortie de ''Boro la Chenille'' prévue pour le moment pour 2019 ! Du haut de ses 75 ans, Hayao Miyazaki n'a pas encore fini de nous faire rêver. Et je n'ai pas fini d'écrire sur lui !

Étant incapable de hiérarchiser tous ses chefs-d’œuvre, je vous recommande vivement d’aller voir toute sa filmographie, si ce n'est pas déjà fait.

Sur ce, je vous laisse sur une compilation qui retranscris merveilleusement bien l'ambiance des films :

Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel article Japon ! Tchao !

Simon MORGAN