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A Silent Voice, le handicap vu différemment

Bonjour et bienvenue à tous pour la chronique hebdomadaire sur l’Asie.

Aujourd’hui, j’aimerais parler d’un manga pas comme les autres, un manga dont le sujet n’a jamais été abordé avec autant de justesse. La surdité est une forme d’handicap connue par les services de santé, grâce auxquels beaucoup de solutions ont pu être élaborées. Pourtant, au Japon ce handicap est peu mis en avant et le système, non préparé à accueillir ces personnes. Ce manga traite à la perfection l’Ijime ou en somme le harcèlement scolaire, à l’aide de ses deux héros : Shoko et Shoya. Voici un petit extrait de l’œuvre pour vous donner un aperçu du travail réalisé.

 

Résumé et point de vue

Dans un Japon contemporain, un jeune collégien nommé Shoya mène la vie dure à ses camarades avec ses quelques copains. Pour cause, le jeune garçon s’ennuie très souvent et n’est absolument pas passionné par l’école, ce qui le pousse à faire toutes sortes de bêtises.
Un matin comme un autre, une jeune fille du nom de Shoko est transférée dans sa classe. Celle-ci est malentendante et attire tous les regards, ce qui n’est pas du goût de Shoya qui va en faire son bouc-émissaire favori. Après milles et unes brimades, la jeune fille va être obligée de changer d’établissement et Shoya va se retrouver seul et rejeté.

Le premier tome est relativement insoutenable, tant les brimades subites par la jeune fille sont gratuites et violentes. Pourtant, il s’agit là d’un constat réel, les pré-ados ne sont pas préparés à des situations comme celle-ci. La prévention concernant la surdité est quasiment inexistante dans les milieux scolaires, aussi bien pour les profs que pour les élèves. Le langage des signes est pourtant un outil qui a fait ses preuves et qui facilite grandement la vie des personnes touchés par la surdité. C’est donc de cette manière que le jeune garçon va tant bien que mal tenter de s’exprimer au fur et à mesure de l’histoire, cherchant désespérément à se faire pardonner.

L’entourage de Shoya aura un impact très important sur sa manière de penser et d’évoluer tout au long du récit. La communication est un point majeur de cette histoire, à tel point que cela en devient un peu niais. Si par malheur un personnage exprime clairement ce qu’il pense, gare à lui car la bonne morale règne et va donc sévir avec quelques pages de « Ouin Ouin ! Pourquoi t’as dit ça ? ».

Malgré un âge plus avancé, les personnages campent sur leur position dans les derniers tomes et les relations n’évoluent que très peu. Le handicap disparaît peu à peu, les personnages s’y habituent et nous aussi, chacun suit ses pérégrinations et c’est avec beaucoup de plaisir que le lecteur aussi.

 

Œuvre et Auteur

Yoshitoki Oima

A Silent Voice était à l’origine un one-shot, une œuvre sortie d’une seule traite durant un concours organisé par la maison d’édition Kodansha, à présent le manga est disponible en 7 tomes aux éditions Ki-oon en France. Son auteur Yoshitoki Oima a raflé le premier prix avec cette œuvre unique (handicap et brimade d’accord, mais handicap, brimade et histoire d’amour, ça vous ne l’avez pas vu venir). De plus, les dessins sont absolument somptueux, en particulier les visages des personnages qui transcrivent un flot d’émotions avec une seule expression.


Yoshitoki n’a pourtant pas été bien loin pour trouver le thème de son manga. Sa mère est interprète en langage des signes pour les personnes malentendantes, de ce fait celle-ci a été une source d’inspiration pour sa fille qui grâce à cela, a créé un véritable chef d’œuvre. Néanmoins, elle n’est pas à son premier essai en tant que mangaka, déjà en 2009 elle illustre les romans de Katsuya Terada : « Mardock Scramble » dont le synopsis respire la joie de vivre. Il semblerait également qu’elle soit actuellement en plein travail sur un nouveau manga de genre fantastique cette fois-ci !

          

A Silent Voice connaît actuellement un véritable succès au format papier, mais soucieuse de faire partager son œuvre avec le plus grand nombre, un film d’animation (totalement splendide) est tégalemen en réalisation. Ce petit bijou est prévu pour le 17 septembre 2016 au Japon, un peu plus tard en France et la réalisation est confiée à Kyoto Animation (ça c'est cool), soyez sûrs de ne pas le rater car ça sera grandiose.

Marc BRIAND