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The Midnight Gospel, un trip psychédélique et philosophique à travers les étoiles

Un parfait mélange entre le podcast et l'œuvre d'art psychédélique, la nouvelle série animée de Netflix est un plaisir autant visuel qu’auditif.

Source : Youtube / Netflix

Avant toute chose, The Midnight Gospel est une série animée composée de huit épisodes d'une vingtaine de minutes. Elle est le résultat d’une collaboration entre Duncan Trussell et Pendleton Ward. Duncan Trussell est un humoriste notamment connu par son podcast The Duncan Trussell Family Hour. Dans cette émission audio, il discute avec des personnes de tous horizons abordant des sujets de toutes sortes. Pendleton Ward, quant à lui, est le créateur du fameux univers d’Adventure Time, une série animée reconnue. Il s'agit donc ici de la fusion de leurs deux œuvres phares respectives. Là où Pendleton Ward nous livre une animation hypercolorée, imaginative au possible, Duncan Trussell met en place les réflexions de son podcast et invite le spectateur à une introspection plus que colossale. De plus, on y retrouve énormément de clins d’œil à la pop culture, notamment de par son influence avec la série Rick Et Morty.

L'histoire relate les péripéties de Clancy, un « space caster » (signifiant un podcaster de l’espace). Á l’aide d’un simulateur de seconde main et d’une intelligence artificielle, il se rend alors dans d’autres dimensions et mondes parallèles, tous plus perchés les uns que les autres. Durant ces aventures, ce jeune garçon entêté cherche une personne lambda à interviewer pour son émission. S’ensuivent alors des échanges complexes, parfois alambiqués, mais clairement enrichissants au final. Et bien sûr, tout cela est accompagné d’une bande originale au poil qui nous pousse à donner cette impression d’être sur un petit nuage à travers la saison.

Prenons ici comme exemple l’épisode pilote où Clancy suit le président d'une planète envahie par les zombies. Alors que le monde s'écroule, les deux hommes se confessent autour d’interrogations sur la vie, la drogue ou la mort. Les personnages poursuivis par une horde de zombies, progressent sans s'inquiéter de ce qui se passe autour d'eux à travers les différents décors de la planète.

 

Source : Youtube / Netflix

The Midnight Gospel dans ses premiers volets peut se révéler plutôt étourdissant, dans le sens où le fil rouge n’est pas très apparent. À cela se rajoute une animation déroutante, parfois gore, malgré les couleurs très pop, qui n’est pas toujours en lien direct avec le propos de l’épisode.

Au fur et à mesure de la saison presque toutes les pièces du puzzle se mettent en place, surtout lorsqu’on approche du dernier épisode. Arrive ensuite un ultime chapitre qui amène à réévaluer notre perception du deuil. Tout ceci est à mettre en lien avec Duncan Trussell, dont le vécu personnel se reflète dans la peau de notre petit « space caster ».

Cela dit, la série ne donne pas de réponse à proprement parler, puisque à aucun moment on a de réelles informations sur Clancy. Par exemple, d’où il vient, comment fonctionne son simulateur ou bien que se passe-t-il sur sa planète. La magie de cette série se trouve dans les rencontres que fait son protagoniste et dans le savoir acquis résultant de ces échanges inattendus.

La série animée nous fait cogiter sur des questions existentielles comme la mort, le pardon, la spiritualité ou bien l’espoir. Le vocabulaire employé est volontairement soutenu pour permettre au spectateur une meilleure concentration sur l'action.  Si la belle animation de The Midnight Gospel peut jouer en sa défaveur en écartant le spectateur du propos de l’épisode, c’est totalement le contraire. L’écran est tant rempli, que cette surcharge sensorielle encourage le spectateur à être pleinement focalisé sur ce qui se déroule et les dialogues des protagonistes. Notre attention navigue donc entre deux couches narratives qui n'ont pas grand-chose à voir l'une avec l'autre. Un véritable coup de maitre qui nous laisse bouche bée.

 

Source : Youtube / Netflix

Alors oui, The Midnight Gospel ne plaira pas à tout le monde. Le fait qu'on ait affaire à un OVNI et non un simple divertissement audiovisuel, rend la série beaucoup moins accessible. Pour celles et ceux qui persévéreront, la récompense est de taille. Plus qu’un « mindfuck », c’est un chef-d’œuvre. Il provoque une introspection ahurissante et frappe un pur coup de grâce avec son dernier épisode qui risque de vous faire verser une petite larme.

 

 

Source : Youtube / Netflix

Léo JACQUET